Cinq niveaux d'élucidation du comportement humain

Le comportement humain ne se prête guère à l'explication. L’explication réfère à un système logique cartésien, de causalité linéaire : telle cause engendre tel effet, cet effet devenant à son tour une cause engendrant un autre effet en ligne continue. Or, pour rendre compte des phénomènes psychologiques,  l’image, l’association, l’analogie sont plus adaptés.

A partir des travaux de Maslow, nous vous proposons ici cinq niveaux d'élucidation du comportement, cinq niveaux dont je peux percevoir (ou non) des manifestations dans le comportement d'une personne.

 

1. Les opinions

Dans mes échanges verbaux avec autrui, je livre d’abord, au niveau superficiel, mes opinions : ce que je pense… de la pluie, du beau temps, le café du commerce, bref les banalités, que l’on peut appeler «l’écume de la crête de la vague du comportement». Elles sont faciles à formuler. Je peux au besoin en changer pour animer une conversation ou un débat, sans pour autant me sentir impliqué. Peu de ma personne passe à travers les opinions que je formule.

 

2. Les motifs

C’est l’articulation logique (les arguments) qui justifient les opinions. Dans le domaine du recueil d’informations, on peut recueillir les opinions de la personne en lui posant des questions, puis approfondir au niveau des motifs par la question «pourquoi».

Je peux rationaliser abondamment, donner toutes sortes de motifs ou de «bonnes raisons» pour expliquer mon comportement sans jamais rien livrer des sentiments sous-jacents qui sont pourtant mes véritables moteurs. Si moi, manager, je m’arrête au recueil des opinions et des motifs d’une personne, je ne peux connaître que la partie émergée de son iceberg.

 

3. Les motivations ou mobiles

Là, nous passons en dessous du niveau de l’eau de l’iceberg, dans les 9/10èmes immergés, là où se trouvent les véritables moteurs de la personne. Nous sommes dans le domaine psychologique et non plus logique. Ces motivations sont de deux sortes (ambivalences) : en positif (+), celles qui sont en forme d’attraction et me poussent à agir, en négatif (-), celles qui sont en forme de répulsion et me retiennent d’agir. Les campagnes publicitaires, politiques, électorales, etc, cherchent à toucher la personne à ce niveau pour la «mobiliser». Elles emploient les mots et les symboles qui font vibrer : sécurité, richesse, beauté, jeunesse, paix, bonheur…

 

4. Les désirs et les craintes 

Nous retrouvons là encore l’ambivalence (de même qu’au niveau énergétique, on peut parler de couples de forces opposées qui créent un mouvement) : pas de désir chez quelqu’un sans une crainte associée, et pas de crainte sans désir associé. Ce niveau profond est difficile à exprimer verbalement (voire tabou), d’autant plus que mes désirs et mes craintes viennent de quelque chose de plus profond encore, que je n’ai pas forcément identifié et qui, donc, en tant que tel (inconnu) me fait peur.

 

5. Les besoins

Nous touchons là au fondamental. Parmi mes besoins, certains réfèrent à ma survie personnelle, à mon appartenance à l’espèce, à mon être culturel, à mon appartenance à un groupe social, à mon développement en tant qu’être humain spirituel, etc. Ces besoins sont parfois antagonistes et contradictoires entre eux. Selon le moment, les circonstances, l’un d’entre eux va prendre le devant de la scène s’il est inassouvi, tandis que les autres deviennent seulement potentiels.