L'accueil inconditionnel

L’Autre, en tant qu’être réel, a une existence différente de la mienne, que cela m’arrange ou non. Ce "réel qui résiste" à mes tentatives d’arrangement est têtu et obstiné.

 

Tant que je refuse Autrui tel qu’il est, je ne peux pas traiter avec lui. Les solutions autocratiques par rapport au réel de l’Autre ne peuvent fonctionner que provisoirement.

L’art de la disponibilité à Autrui, qui est de prendre le chemin de l’Autre pour lui permettre, de l’intérieur de lui-même, dans ses modes et ses codes propres d’exprimer son point de vue et de le faire raisonnablement évoluer, suppose l’acceptation de l’Autre par moi-même, tel qu’il est, et non tel que JE voudrais qu’il soit.

Cela suppose que je sache, le temps du sondage du moins, mettre entre parenthèse mon propre système de valeur et de jugement pour laisser l’Autre être qui il est.

 

Tout jugement de valeur de ma part est perçu par l’Autre, qui alors n’ose plus ou se refuse à parler, à moins qu’il n’ait recours à la provocation pour s’affirmer.

 

Encore faut-il que je connaisse mon propre système de valeurs (qui fonctionne souvent inconsciemment) et j'aie appris à le relativiser. Mon système de valeurs est le mien, il me fonde et me structure. J’en ai besoin, sinon je ne me repère plus dans l’existence, mais il n’est pas universel.

 

Autrui a le sien, qui peut avoir avec le mien des parentés, des constantes, mais aussi de profondes dissemblances sans pour autant être incohérent.