L'équipe : de la régression à la catalyse

Chez tout être humain, les ressources énergétiques psychiques, que l'on pourrait appeler les moteurs, sont d’origine affective. Elles se potentialisent  sous l’impulsion d’un désir ou d’une crainte.

 

Or ce domaine (le bas de l'iceberg, selon une image empruntée à Pierre Teilhard de Chardin) est par nature ambivalent, versatile, au sens où le sujet peut orienter son énergie affective aussi bien pour faire fonctionner la machine groupe que pour la bloquer.

Le groupe est à la fois conscient et inconscient de lui-même.

On pourra lire le fonctionnement d’un groupe, au niveau verbal (ce qui est dit) et au niveau non verbal (ce qui est montré par les attitudes et les comportements), comme l’expression de ce qui est présent consciemment et de ce qui est présent inconsciemment.

L’inconscient, par définition, échappe à la conscience des intéressés, mais laisse des traces de son existence, des signes qu’il faudra décrypter (voir aussi liceberg de l'inconscient et les cinq niveaux d’élucidation du comportement). 

 

Deux phénomènes sont par ailleurs à prendre en compte.

 

  • La Régression 

L’individu, en situation d’équipe, réactive en lui-même – en grande partie inconsciemment – des sentiments archaïques vécus dans son enfance, et des liens familiaux d’origine. Vis-à-vis du pilote se revit la relation archaïque vis-à-vis de l’autorité parentale, tissée de soumission-admiration et de révolte-amour-haine, d’autant plus irrationnelle et excessive qu’elle s’exerce à l’insu de la personne. Vis-à-vis du groupe, qui sera vécu tour à tour chaleureux, accueillant, protecteur, ou bien étouffant, dépersonnalisant, dévorant, s'éveillent des sentiments adressés au ventre maternel. Vis-à-vis des autres membres du groupe (ses semblables), s’éveillent les sentiments fraternels oscillant entre l’affection, la fidélité, la crainte de la séparation et les rivalités, antagonismes et jalousies. 

Les relations dans une équipe deviennent ainsi rapidement passionnelles… pour le meilleur et pour le pire. 

 

  • La Catalyse

Ces ressources énergétiques sont, au départ de la vie du groupe, éparpillées chez les individus séparés, tenant leur distance de protection. Cette énergie éclatée devra, au cours de la vie du groupe – s’il est correctement piloté par quelqu’un jouant le rôle neutre d’un catalyseur – se rassembler dans une dynamique commune. Alors, « la mayonnaise prend », les personnes étant animées par le désir de réussir en commun une œuvre (quel que soit l’objectif). 

La mise en commun supposant l’abandon de positions individuelles de pouvoir, il faudra que ce désir soit suffisamment puissant pour l’emporter sur les égoïsmes et les angoisses de chacun des membres. 

C'est ce que nous appellerons, dans la méthode Chamming's®, le phénomène de catalyse, qui doit être apporté par le pilote.

Y contribueront très puissamment les possibilités de don affectif qu’un groupe peut avoir à l’égard de ses membres quand il fonctionne correctement.